Toute pensée commence par un poème (Alain)

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Christian Monginot est né en 1947, sa famille paternelle est champenoise, sa famille maternelle, venue de Pula, en Croatie, est d’origine italienne. Les fortes impressions de sa petite enfance, immergée dans l’atmosphère et la langue de cette famille maternelle italienne, transparaissent dans les choix, le contenu, les couleurs et la musique même de sa poésie.

Le dit de l'horizon

Format 19,5x14cm
128 pages Prix 14€
ISBN 978-2-918220-33-6

 

« L’horizon est cette ligne où le regard perd le fil du visible. Il est, à proprement parler, le fil de cette perte. À celui qui le regarde, il oppose un silence. Mais à celui qui fait un pas vers lui, il se met à parler. Le dit de l’horizon ne parle pas de l’horizon, il tente de recueillir ce que dit celui-ci à chaque pas risqué vers lui. Tout poème, en ce sens, est écrit par l’horizon.»

«Patience», «Ici», «Bruits», «Rêve», chaque poème tente de débroussailler les émotions, les ressentis, qu’ouvrent tous «ces pas risqués». Plutôt que de tenter de répondre le poète cherche, en décrivant ces moments, à trouver la lumière, l’autre moment qui en découle. Dans le poème «Le Secret» : qu’est-ce qu’un secret ? Où se cache-t-il, et où le poser?, que pourrait-il devenir ?

«Quand tu fermes les yeux une phrase infinie prend ta place,
Une averse ensoleillée
Dont chaque goutte porte en elle
Un arc-en-ciel»

Cela dit en quelques mots le parti pris, une façon d’entendre la poésie comme une inversion des rôles, une inversion de la parole commune, un déplacement de l’attention. C’est une conséquence du fameux JE est un autre de Rimbaud. Le JE n’est plus celui du moi, de l’observateur, mais celui de l’horizon, celui de l’Autre. Cela ouvre un vaste chantier.

 

Le miroir des solitudes

peintures Alain Dulac

Format 16,5x21cm
284 pages, Prix 24€
ISBN 978-2918220-22-0

monginot

La Divine comédie de Dante est l’arrière plan du Miroir des solitudes. Tout comme Dante, l’auteur a divisé son œuvre en trois parties compremant chacune plus de trente poèmes :
Nigredo
Albedo
Rubedo
en trois couleurs les trois étapes des transmutations alchimiques. Cette référence «voudrait simplement souligner (...) cette miraculeuse “possibilité“ de naître et renaître sans fin à l’or humain ou divin de l’amour et du sens, qui est la substance même du paradis», nous dit Christian Monginot à la fin du poème dans "Les marcheurs du silence".

 

30. ET JE NE SAURAIS PRESQUE VOUS EXPLIQUER...

« Il y a tant de voir sous le voir,
Tant d’actes lumineux qui t’ignorent et dérivent
Au gré du fleuve,
Tant d’eau vouée à toutes les crues,
À toutes les fièvres de l’espace, à toutes les transactions
De l’excès et du vide,
Tu voudrais fermer les yeux mais ceux-ci
Ne t’appartiennent plus ;

Il y a,
Jusque dans la nuit,
Des mains qui tissent des regards,
Des mains qui ne sont les mains
De personne
Mais qui s’agitent sans relâche et se consument
Comme les branches d’un buisson ou les chevaux
D’un soleil invisible »

Il y a, au bout de leurs doigts, des scintillements d’étoiles,
Des miroitements d’étangs, des moires,
Des reflets d’aigues-marines
Formant un anneau précieux autour
De l’obsédante tension qui te lie
À la solitude des choses ;
Parfois leur index dessine ton visage et donne à deviner
L’écart qui le sépare de lui-même ;
Il y a que voir ne suffit pas et qu’il te faut
Trouer le voir,
Comprimer le brouillard de son insuffisance,
En faire une pierre,
Pierre angulaire d’un autre œil, qui te regarderait
Sans le souci de te comprendre,
Clef de voûte d’un corps reconnaissant en chaque chose
Un recoin de sa propre nuit ;

Il y a enfin que tu ne sais qui voit ni qui est vu :
Complice d’une erreur première, la clarté a fomenté ton œil,
Retourné son « fiat » comme une veste,
Déclaré : « Que l’homme voit ! » ;
En vérité, tu n’y as vu que du feu,
Ce même feu qui te dévore à présent et te pousse
À aller voir plus « haut », dans les greniers de la lumière,
Pour savoir si tu y « es »...

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


   

 


 


     
     

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