Toute pensée commence par un poème (Alain)

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Philippe Mathy né en 1956, habite la Picardie belge. Il est rédacteur en chef de la revue Le journal des poètes (ici)

Veilleurs d'instants

Peintures de Pascale Nectoux
Format 19,5x14cm
144 pages Prix 16€
ISBN 978-2-918220-50-3

 

Sur trois saisons, le printemps, l’été et l’automne, Philippe Mathy nous dit son amour de la Loire, qu’il observe de près. À décrire ce qu’il observe, «tout chante autour de [lui]».
Philippe Mathy est une voix discrète, sa poésie ne clame jamais, elle dit avec des mots simples la beauté de ce qui l’entoure en masquant à peine une sombre mélancolie. Il faut lire les poèmes comme une suite de réflexions, d’observations de chose posées dans un carnet, c’est au quotidien qu’il s’adresse, non dénué d’angoisse et de la crainte de connaître leur disparition à chaque instant. C’est pourquoi il faut veiller à bien les regarder.
Dans la partie qui précède les trois saisons, le poète n’hésite pas à dire sa peur du temps qui passe et de celui qui s’approche en dégradant la vie.
Recueil après recueil, si la voix devient plus grave, le poète ne cesse de dire la beauté et la bonté du monde.
Les peintures de Pascale Nectoux expriment ce flottement, disent la légèreté du temps qui passe.

 

Porte ouverte
sur des chemins perdus.
La lumière avance,
désemparée.

Elle ne sait plus où aller,
comme si le matin
était trop lourd à porter
pour repousser la nuit.

Porte ouverte
sur les lignes de mes mains,
où saigne un oiseau
qui n’arrive plus à s’envoler.

 

******

 

Dans le visage de la pluie,
dans les confidences du vent,
dans le gris des nuages
qui s’accrochent à nos fenêtres,
quelque chose demeure caché.

Peut-être une parole,
un souffle ignoré,

un amour perdu
qui nous attend pour renaître.

Jour gris
où passe un ange
impossible à retenir.

 

Sous la robe des saisons
peintures de Agnès Arnould
142 pages, 16€
Isbn 978-2-918220-20-6

 

Prix de littérature 2013
du Parlement Wallonie-Bruxelles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

robe mathy

«On écrit sans songer à personne. On écrit en ignorant pour qui. Ce «pour » est pourtant bien présent : à l’instant où les mots s’abandonnent sous la main, dans la bouche, le souffle de la langue frémit dans l’air à la recherche d’une oreille attentive, d’un visage, d’une joue à caresser, d’une solitude à partager.
Paradoxe que Jean Grenier a relevé dans son Nouveau lexique : « On n’écrit pas librement tant qu’on pense à ceux qui vous liront, on n’écrit pas bien tant qu’on ne pense pas à eux. »

 

Goûter encore à tes lèvres
Boire les flammes vives de tes yeux
M’attarder sur ta peau
dans le souffle fragile
de nos cris étouffés
Portes ouvertes de nos secrets
Blancheur des nuits
sous l’avalanche des caresses

Neige des mots
y poser le pas
dessine ton visage

 

Barque à Rome
notes romaines
précédées de

Le sable et l'olivier
notes algériennes
Peintures André Ruelle

186p, 15 €

Isbn 9782918220-08-4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barque

Barque à Rome, est un recueil de notes écrites lors de voyages, en Algérie en 1983, et à Rome pour deux résidences en 1999 et 2002. Les notes algériennes sont une première édition en France. J.M.G. Le Clézio, les lisant, parle de “poèmes, images de paix”.

« Pour peu que nous soyons réceptifs, tout ici-bas nous interpelle, requiert l’attention de nos sens. Mais plus nous sentons, plus nous tentons de vivre notre appartenance, et plus s’insinue en nous l’impression d’être exilés, comme si le monde lui-même nous confiait qu’il n’est pas de ce monde.»

 

 

Un automne au creux des bras
illustrations intérieures et couverture
d’André Ruelle
108 p, 12 euros.
Isbn : 978-2-918220-00-8

Prix Georges Perros 2009

Un automne au creux des bras Philippe Mathy

 

A l’instant de la halte, rends grâce au soleil d’allumer pour toi la fraîcheur de l’ombre.

***

Lorsqu’il se mire dans les flaques, c’est en elles que le soleil allume son sourire, non là-haut, dans l’indifférence du bleu. Celui qui marche sans regarder la terre, ici-bas, ne peut à coup sûr percevoir, s’il éclôt en lui, l’appel d’une ascension.

****

Saint-Denis

 

L’insecte apeuré qui s’esquive
La feuille qui frémit avant la chute
Coccinelle translucide
la goutte qui doucement
descend sur la fenêtre
La poule d’eau
fébrile sur la rive
Le nuage isolé
là-haut qui se déchire
La petite flaque
prise par la gelée tardive
Même la pierre sèche
brûlant l’été sur le chemin
Tout     
Tout réclame le feu d’un regard

Rien
Rien n’échappe au passage
où l’obscur marque son sceau

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


   

 


 


     
     

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